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Cette fois-ci Thierry nous a promis la faille aux requins.
Ce n’est pas très loin, près de Bourail, à moins de 2h30 de Nouméa si l’on échappe aux embouteillages du vendredi soir. Thierry est le chef du club de plongée des militaires, c’est un ancien para. Il nous organise des safaris de main de maître. Et c’est une sacrée logistique : deux camionnettes remplies de bouteilles (de plongée, faut-il préciser ?), qui tirent deux zodiacs sur remorques. Un vrai cirque Barnum, sauf que cela ne rigole pas, en tout cas sur les horaires. Nous sommes une vingtaine au total dans la caravane. On monte notre camp sur la plage de Poe, qui s’étire sur des kilomètres. Pour être honnête, la plage est assez fréquentée, surtout par les kitesurfers qui adorent le lagon sableux et peu profond.

La faille aux requins
La faille aux requins est une curiosité géologique spectaculaire, surtout vue d’avion. Thierry nous explique au briefing que le courant est toujours sortant, quelque soit la marée. Je ne sais pas pourquoi, peut être est ce la conséquence des alizées qui longent la côte vers le Nord Ouest et ramènent les eaux du lagon vers la faille ? Imaginez cela comme une gigantesque chasse d’eau au débit permanent. Tout ce qui flotte est entraîné vers le large. Et qui s’occupent du tri des déchets ? Vous avez deviné: les requins !
Déformation professionnelle ou prudence élémentaire, Thierry insiste sur la nécessité de bien vérifier son parachute et de ne pas oublier de s’en servir avant de dériver hors de la faille. Surtout qu’aujourd’hui il y a au moins vingt nœuds de vent et un peu de creux au large. Je ne suis pas mécontent d’avoir investi dans un moulinet qui devrait me faciliter la manœuvre. Qui donc voudrait flotter trop longtemps en surface dans une eau trouble à la sortie de la faille aux requins ?
Le briefing se fait à l’ancre près de l’ilot « shark », dans un mètre d’eau turquoise. C’est une plongée dérivante, bien sûre, avec mise à l’eau au début de la faille et repêchage au gré de la dérive. J’écoute distraitement le briefing en observant une tortue qui vient respirer, puis un pointe noire qui nage non loin du bateau. Enfin, le moment tant attendu est venu de se mettre à l’eau !
Normalement du fait du courant, la visibilité est limitée. Mais aujourd’hui, nous avons de la chance sur cette première plongée : il est possible de voir les deux côtés de la faille. Aussi je me mets bien au milieu pour essayer de ne rien rater et je me laisse entraîner par le courant. De toute façon, c’est une plongée pour le gros, on n’est pas là pour les nudibranches. Pas besoin de palmer, le courant nous emporte lentement. En apesanteur, on a l’impression de voler …
Une première raie pastenague s’enfuit à notre passage dans une pluie de sable. Noire et ronde, il est facile d’observer son dard gros comme mon index. Mais elles sont inoffensives. Puis deux requins gris viennent droit sur nous satisfaire leur curiosité et la nôtre aussi. Apparemment, nous ne constituons pas non plus leur met de choix, où alors ce n’est pas l’heure du repas. Des requins gris, on en voit beaucoup à Boulari alors je reste aux aguets.
Enfin, le voilà : le requin-léopard. C’est un des rois de la faille. Jaune avec des points noirs, un corps cannelé et une très longue queue, il est posé sur le sable et a l’amabilité de se laisser approcher de très prêt. Nous nous agenouillons près de lui en retenant notre respiration pour ne pas le réveiller. Cela me rappelle les belles heures de plongée à la Punta Abril avec mon ami Zé et mon premier requin-léopard.

Sa Majesté le requin léopard
Les plongées suivantes me permettront de voir la grande raie guitare ou le requin-guitare. Comme c’est un mélange entre un requin et une raie, difficile de choisir. En tout cas si le requin-léopard et le roi de la faille, la grande raie guitare ne peut qu’en être la reine. Dommage qu’elle soit si farouche. J’aurais bien aimé l’approcher de plus près avant qu’elle se déile à grands coups de queue. Quel étrange animal.

Raie guitare
Nous avons aussi la chance de voir un mérou marbré attraper un poisson-chirurgien de belle taille. C’est si rapide que cela en est incroyable. Il se sauve avec son butin dans un trou où nous pouvons l’observer à loisir. On a dû lui couper l’appétit. Car s’il le garde fermement dans sa grande gueule, il ne le mange pas du moins pour l’instant.
Sur les dernières plongées, l’eau est chargée et la visibilité moins bonne. Alors on dérive plus près des bords pour se rassurer tout en se demandant ce qui pourrait surgir du milieu de la faille. Nous voyons quelques requins gris, seulement une paire de raies aigle et de loin alors qu’il parait que l’on peut en voir des bancs de plusieurs dizaines. J’attends le requin-tigre mais rien n’y fait. Ce sera la prochaine fois, j’en suis certain !
Bon, je me dépêche de terminer. Il faut aller rincer son équipement car samedi, nous partons 9 jours sur un catamaran de luxe en croisière plongée. Destination Ouvéa : les pléiades du Nord, Beautemps Beaupré, les pléiades du Sud.

Beautemps-Beaupré
Ce premier samedi de l’année 2017 avec ses conditions météo hivernales incitent des Morses, habituellement tentés par les fonds marins, à s’intéresser au patrimoine terrestre qui les entoure et plus particulièrement au sémaphore de Callelongue.
En effet, de par leur rôle stratégique, les calanques et les îles ont été très tôt investies par les forces militaires. Cela s’est notamment traduit par un certain nombre de vigies installées sur les sommets du massif des calanques au cours du temps.
Du fait des progrès des moyens de communication de l’Antiquité jusqu’à nos jours, les vigies ont été de plus en plus espacées. En effet, si l’on a commencé à communiquer avec du feu et de la fumée, les chaînes de communication se sont dotées de pavillons (drapeaux), du télégraphe aérien à bras articulés, puis du télégraphe électrique.
Aujourd’hui le rayon de surveillance des sémaphores est très large, de sorte que sur les trois sémaphores présents dans le massif des calanques, seulement celui du Bec l’Aigle est armé alors que les sémaphores de Callelongue et du Frioul ne le sont plus.
Cinq Morses se transforment en randonneurs : Jean- Claude, Henri, Marc et Frédéric, rejoints quelques instants plus tard par Geneviève ; attirés qu’ils sont par cet espace littoral et paysager ouvert sur la mer qui abrite des paysages grandioses. Vus d’en haut, le village des Goudes et la calanque de Callelongue rappellent leurs activités industrielles et de pêche du XIXe siècle.
La roche calcaire est l’élément structurant de leur randonnée : d’une belle blancheur sous le soleil hivernal, écrasante, découpée, plongeant dans les eaux de la Méditerranée. Sa géomorphologie particulièrement accidentée, paraît brutale avec un mélange de violence et beauté.
Changement de décor et fin des envolées lyriques en arrivant au sémaphore : abandonné depuis plus de 30 ans et ainsi laissé à l’assaut des vandales, des pilleurs et tagueurs en tout genre ont détérioré ce patrimoine militaire marseillais.
Miracle ! Les autorités ont décidé sa réfection pour en faire la future vigie du Parc National des Calanques, lui redonner son assise historique et sa fonction de sémaphore.
C'est le but du chantier actuellement engagé pour rénover tout l’ensemble bâti et permettre l’accueil de visiteurs.
Des travaux de mise en sécurité sont en cours, financés par le Parc et le Conseil départemental. Première étape d'une longue rénovation avec pour objectif final l'ouverture d'un lieu d'information du public, dont le parc ne dispose pas aujourd'hui.
Photos: Marc MORAND

Pour ce samedi, dernier jour de l’année 2016, Martine et Guy les deux seuls morses se mettaient à l’eau, tandis qu’à notre base, Lucien et Jean-Claude faisaient du rangement.
Au programme: vidage des poubelles qui étaient plus que pleines, rangement de la vaisselle, des couverts et verres, gonflage des blocs de plongée vides, assez nombreux eux aussi.
11 Heures, nos deux plongeurs photographes avaient passé plus d’une heure sous une eau à 14° et une profondeur n’excédent pas plus de 11 mètres.


Après leur sortie, nous avons pu regarder les photos macros prises durant leur plongée dans la calanque; l’heure de l’apéro sonnant, nous avons pu partager en toute amitié les 4 pizzas commandées au restaurant de la grotte pour ce dernier repas de 2016 entre Morses de "Callelongue", la calanque du bout du monde.
Photos sous-marines : Martine MALEGUE et Guy MILANO
Pour ce dimanche précédant la Noël, nous avons fêté la parution du livre de recettes de notre chef cuisinier Jean-Michel, aidé dans cette tache pour l'écriture et la mise en page, par notre jardinière biologique Anne.
Pour cette réception, nos deux protagonistes ont été aidés dans cet apéritif dinatoire, par Dany la compagne du chef.
Au menu de cet apéritif dinatoire issu des recettes du carnet de "JM", (que vous pouvez découvrir sur les photos ci-jointes), accompagné de vin du pays de notre chef.
Nous avons pu déguster le gâteau au chocolat concocté par "JM" et décoré par son auto portrait au chocolat noir et blanc; que de l'Art avec un grand "A" et un grand "C" comme culinaire.
La dédicace de son livre a suivi cet apéritif.
Debout les morses et sonnez les trompettes, 2016 est un bon cru, vos deux morses photographes ont fini dans les dix premiers de la Coupe Animalière de France: Guitou 4 ème et moi 5 ème.
Hier à Callelongue, nouvelle initiative venant de notre Henri!
Départ avec le Suscle, piloté par notre Bernard, sur le site de la Grotte du CNRS, où tous les plongeurs vont s'immerger, pour retrouver le bateau sur le site de la Télévision.

La mise à l'eau est un peu chaotique, il y a une houle assez remuante. Visibilité très bonne, l'eau toujours à 16°, un soleil présent sous la couche bleue.
Qui mieux que nous!

Nous ferons de belles rencontres, et verrons des salpes théthys formant une chaîne assez impressionnante.
Sur le site de la télévision nous ferons attention en remontant car il y a une nappe de méduses et de salpes. On remontera heureux le sourire au lèvres, qui picotent un peu.
Photos : Martine Malégue et Guy Milano
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